Pour une randonnée de 6 à 8 heures, il n’est pas nécessaire de remplacer calorie pour calorie toute l’énergie dépensée pendant la marche. Une base pratique consiste plutôt à partir avec un vrai repas avant le départ, à prévoir des apports réguliers pendant l’effort et à viser souvent autour de 30 à 60 g de glucides par heure lorsque la randonnée devient longue, soutenue ou très vallonnée.
La quantité exacte dépend du poids, du dénivelé, du poids du sac, de l’allure, de la température et de l’habitude de manger en mouvement. Avant de remplir le sac au hasard, un calcul de la dépense d’une randonnée chez Protéalpes donne un ordre de grandeur utile pour comprendre l’écart entre une sortie tranquille et une journée de montagne exigeante.
| Moment | Objectif | Exemple simple |
|---|---|---|
| 1 à 3 h avant | Partir avec des réserves disponibles | Repas complet avec féculent, protéine, peu d’excès de gras |
| Chaque heure | Entretenir l’apport énergétique | Fruit sec, pain, barre, compote, sandwich en portions |
| Milieu de journée | Faire une vraie pause alimentaire | Sandwich, riz ou semoule froide, fromage, fruit |
| Après | Récupérer et réhydrater | Repas complet, eau, glucides et protéines |
Pourquoi faut-il éviter de raisonner uniquement en calories ?
Une randonnée longue peut représenter plusieurs milliers de kcal de dépense énergétique, surtout avec du dénivelé et un sac chargé. Pourtant, essayer de compenser intégralement cette dépense en mangeant pendant la journée alourdit le sac, augmente le volume digestif et n’est pas nécessaire pour maintenir l’effort chez un randonneur correctement alimenté au départ.
Une étude de terrain de Ainslie et al., publiée en 2002, a suivi 13 personnes lors d’une marche vallonnée de 12 km. Les participants ont dépensé nettement plus d’énergie qu’ils n’en ont consommé pendant la sortie, tout en maintenant leur glycémie ; cette observation montre qu’une journée de randonnée peut créer un déficit énergétique aigu sans imposer de remplacer immédiatement chaque kcal dépensée : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/11744658/.
Le poids total transporté modifie aussi fortement le coût de marche. Le modèle de Pandolf, Givoni et Goldman publié en 1977 intègre le poids corporel, la charge, la vitesse et la pente pour estimer cette dépense : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/908672/.
Quelle quantité de glucides prévoir pour 6 à 8 heures ?
Sur un effort prolongé, les glucides sont le nutriment le plus directement mobilisable pour soutenir l’intensité. Pour une randonnée modérée avec pauses et alimentation normale, une fourchette de 30 à 60 g par heure constitue souvent un repère plus réaliste qu’une cible très élevée.
Les apports proches de 90 g/h concernent surtout des efforts d’endurance soutenus, lorsque l’athlète tolère déjà de grandes quantités de glucides. Dans l’étude de Currell et Jeukendrup publiée en 2008, une combinaison glucose-fructose améliorait la performance d’endurance par rapport au glucose seul et à l’eau chez des cyclistes entraînés : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18202575/.
| Apport horaire | Pour 6 h | Pour 8 h | Profil de sortie |
|---|---|---|---|
| 30 g/h | 180 g | 240 g | Randonnée modérée, repas inclus |
| 45 g/h | 270 g | 360 g | Journée soutenue ou vallonnée |
| 60 g/h | 360 g | 480 g | Effort long avec peu de ralentissements |
Ces chiffres représentent les glucides consommés pendant la marche, pas le poids total de nourriture. Une barre de céréales, du pain complet, des fruits secs, une compote ou un mélange de noix de cajou et de raisins n’apportent pas tous la même quantité de glucides ni la même densité énergétique.
Quels aliments emporter sans transformer le sac en garde-manger ?
Le critère utile est le rapport entre énergie, digestibilité, poids et plaisir. Sur une journée, il est possible de mélanger des aliments très simples plutôt que de dépendre uniquement de produits sportifs.
- pain, galettes, crackers ou flocons d’avoine préparés avant le départ ;
- fruits secs et compotes pour des glucides faciles à consommer ;
- oléagineux pour augmenter la densité énergétique sans grand volume ;
- chocolat noir en petite quantité si la température le permet ;
- sandwich ou wrap pour le repas du milieu de journée ;
- fruit frais solide si le poids et la conservation restent acceptables.
Les lipides sont très énergétiques et intéressants pour une journée longue, mais les grandes quantités juste avant une montée intense peuvent ralentir la digestion. Une cuillère d’huile d’olive dans un repas, quelques noix ou un fromage apportent des calories sans exiger un gros volume.

Comment composer un repas complet qui reste facile à porter ?
Un repas complet de rando n’a pas besoin de multiplier les ingrédients. Une base de féculent ou de pain, une source de protéine, un peu de lipide et éventuellement un légume facile à transporter suffisent à apporter énergie, fibres, minéraux et satiété sans rendre le matériel alimentaire compliqué.
Un sandwich avec pain complet, œuf ou viande froide, fromage et quelques crudités reste souvent plus simple qu’un plat à réchauffer. Une salade de pâtes ou de riz avec huile d’olive et légumes convient également si la conservation est maîtrisée et si le randonneur accepte de porter le contenant.
Le produit lyophilisé devient surtout intéressant lorsque l’autonomie augmente, que le voyage se transforme en trek ou que le repas du soir doit être transporté plusieurs jours. Pour une sortie à la journée, il n’offre pas automatiquement un meilleur rapport poids, coût ou nutrition qu’un repas froid bien préparé.
- Glucides : pain, pâte, riz, semoule, avoine.
- Protéines : œuf, fromage, poisson ou viande selon conservation.
- Lipides : huile, noix, graines.
- Micronutriments : fruit, légumes, aliments variés au retour.
Faut-il manger toutes les heures ou faire un gros déjeuner ?
Les deux ne s’opposent pas. Une petite collation régulière évite d’attendre la faim intense, tandis qu’un repas plus structuré au milieu de la journée améliore le confort psychologique et apporte une diversité alimentaire difficile à obtenir uniquement avec des snacks.
Une stratégie simple consiste à manger un peu toutes les 45 à 75 minutes selon l’intensité, puis à faire une pause repas lorsque le terrain s’y prête. Ce fractionnement réduit le risque d’arriver au déjeuner avec une sensation de vide ou, à l’inverse, de consommer un repas trop volumineux avant une longue montée.
| Heure | Exemple | Pourquoi |
|---|---|---|
| Départ | Eau, éventuellement petite collation | Pas besoin de manger si le repas pré-départ est récent |
| H + 1 | Compote + quelques fruits secs | Glucides facilement disponibles |
| H + 2 | Barre ou morceau de pain | Maintenir l’apport |
| H + 3 à 4 | Repas principal | Apport calorique plus complet |
| Fin de sortie | Collations restantes selon faim | Éviter de terminer totalement à sec |
Quelle quantité d’eau faut-il prévoir ?
Une valeur universelle en litres d’eau par heure serait trompeuse. Les pertes hydriques varient fortement avec la température, le vent, l’altitude, l’allure, la transpiration individuelle et les possibilités de ravitaillement.
Une étude de Barr, Costill et Fink publiée en 1991 a comparé eau, solution salée et absence de boisson pendant un exercice prolongé ; elle illustre l’importance de raisonner selon les pertes réelles plutôt qu’avec une règle fixe : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/1921673/.
Pour une randonnée de 6 à 8 heures, la préparation consiste donc à connaître les points d’eau, les possibilités de traitement et les conditions météo. Une boisson glucidique ou légèrement salée peut être utile lorsque la chaleur, la durée et la transpiration sont élevées, mais boire excessivement n’apporte aucun bénéfice.
- Boire régulièrement selon la soif et les conditions.
- Prévoir une marge si les sources sont incertaines.
- Ne pas compter une boisson chaude comme unique solution d’hydratation.
- Tester les boissons et aliments avant une journée importante.
Comment ajuster la nourriture au dénivelé et au poids du sac ?
Deux randonnées de huit heures n’ont pas le même coût énergétique. Un sentier roulant avec peu de dénivelé peut rester proche d’une marche soutenue, alors qu’une journée avec 1 500 m de D+, terrain technique et sac de 8 kg augmente fortement le besoin énergétique.
Pour optimiser son apport calorique, il faut donc partir de la sortie réelle plutôt que d’une liste standard. Une rando lente en moyenne montagne n’exige pas la même nutrition qu’un trek rapide en altitude ou qu’une étape longue en itinérance.
Pour comparer une portion de randonnée à une marche plus simple, les outils suivants donnent des repères complémentaires : https://protealpes.com/outils/calories-marche/, https://protealpes.com/outils/convertisseur-pas-km/ et https://protealpes.com/outils/convertisseur-pas-calories/.
Et si la randonnée devient une itinérance de plusieurs jours ?
Sur plusieurs jours, l’enjeu change : l’accumulation du déficit énergétique, la récupération et l’autonomie deviennent plus importantes. Il faut alors organiser ses repas, anticiper le dîner, le petit-déjeuner suivant et la prochaine étape, tout en surveillant le rapport poids du sac / énergie transportée.
Des aliments riches et secs, une soupe ou une boisson chaude le soir, puis un apport suffisant en protéines et glucides aident à récupérer avant le jour suivant. Le besoin reste individuel selon l’âge, la forme physique, la masse corporelle et l’activité totale.
Quelles références scientifiques soutiennent ces repères ?
| Étude | Année | Ce qu’elle apporte |
|---|---|---|
| Ainslie et al., réponses métaboliques à une marche en côte | 2002 | Montre l’ampleur de la dépense et du déficit aigu lors d’une randonnée |
| Currell & Jeukendrup, glucides multiples et endurance | 2008 | Montre l’intérêt d’un apport glucidique adapté lors d’efforts prolongés |
| Pandolf et al., transport de charge | 1977 | Intègre poids, sac, vitesse et pente dans le coût énergétique |
| Barr et al., remplacement hydrique | 1991 | Documente l’effet de la stratégie de boisson pendant l’exercice prolongé |
La quantité de nourriture à emporter se construit donc à partir de la durée, du terrain et de la tolérance individuelle, puis se corrige au fil des sorties. Pour une journée de 6 à 8 heures, mieux vaut une alimentation régulière, légère à transporter et déjà testée qu’un calcul théorique au gramme près.